05.07.10

[notes journal]

« tous les jours, quelque chose d’intéressant. ce peut être d’hier, ou d’il y a vingt ans. ce peut être ce qu’on pensera demain, qui fait signe aujourd’hui. un journal, ce devrait être ça. » (georges perros, papiers collés iii)

notre-dame à sept heures, notre-dame du sacré-cœur jette ses cloches aux carreaux. tartine son bronze ; elle propulse partant mes enfances cayolaises aux quatre coins des chambres. et puis vient une torchée de mouettes. à la mer j’ai dix ans, guère davantage.

dimanche c’est cirque
la piste est moins considérable qu’un sou
les tendrons à la louchée vessent du brandebourg
on recense deux vieux lions bouffés aux mites
le fort a des vernis, le tif en dos de blaps et par-dessous : le rasoir d’un sourire
qui lui fend la gueule en biais
c’est un gommeux
un avantageux
en façon d’aigrette à la rosse on farcit son harnais de plumeaux de ménage
le jongleur a trois balles
(à deux balles)
le cirque sans tripette
plus râpeux qu’un reginglet.

et de perros hier à une poignée de main (la veille une poignée d’os : c’est sa tombe à tréboul (l’autre cimetière marin, un truc, tréboul, pentu qu’on croirait quasi ripant à l’eau, de grasses croix plein bleu avec un découpoir (où de vieilles gardeuses promènent leurs brocs par-dessus les randonneurs de la sente côtière) — il y a gros à parier que nous ne saurons jamais ce qui nous est arrivé —, à tréboul : trois fois rien, gravillon, un pied de quoi crevé, « georges et tania poulot » sur un vieux bout) : serrant celle de son fils, à mon bec pinget, par quoi indirectement je découvre jadis les papiers collés, lui me répond que peut-être il se rappelle ici pinget, en visite au pater, et puis qu’entre eux quelques lettres, bref au final je trisse, capricante, paonne un peu mais tendrement, smalt, et comme à ceux de dona flor ses maris les deux beaux macabs ingambes à mes bras.

1 commentaire:

brigetoun a dit…

admirative - goût pour la vie de ces mots