27.11.09

je souhaite alors une bête.
quel âge alors est mien pour justifier l’airain qu’il m’oppose.
tout de tricot main ; du babygro — je crois de la sandale : j’ai mettons sept ans.
tôt l’on m’apprend qu’un oncle avec des pleurs un jour noie des chats dans un seau, que la chartreuse piaule, longtemps dit-on pour les ravoir. qu’alors il faut piauler plus, verser de gros pleurs contrits sur la bête (contre son flanc tiédi se répandre en bouillons) et croirait-on pas, dis, d’un lapin dans un sillon, sa pelote plein des creux, cassonade et clapie, chaude idem, lourde assez quoique pantelant peu — c’est comme du lièvre moins l’effroi — d’où précisément qu’il faille y aller de son sanglot davantage, s’en fendre pour flancher un coup face à cet abandon.
tôt j’apprends par force — lui m’y force —, à jeter à m’en fendre de petits chats au fond d’un sac, c’est deux ou trois fois l’an, ma mère et moi deux fois, trois fois, quatre, fendues par la vue de ces chats abouchés que l’on verse et qu’on berce dans l’ouate, plein l’éther puis dont la mère alors pigne aux soleils bas (je viens d’un grand pays tout seul, du pays ras qu’un rayon tond).
le jour du babygro, du tricot main grouillent plein une caisse : des chiots — j’ai bonne confiance — et mes souliers lampent à courtes clappées la placette — qu’un est mien, et je fais aller au-devant de moi mon succinct torse plat qui s’enfle (s’outre en petit parmi le gros soleil bouton) et qu’à très peu près l’on peut entendre modestement chanter sous le tricot main.
lui tout blasonné d’airain dit non.
et c’est dans la cuisine et dans le babygro, sur le carreau couleur de chartreux.

25.11.09

le matin souvent ce sanglot qui m’éveille.
unique et sec.
d’où venu.
de p* l’incompressible regret — l’amertume à moi toute affectée — telle disposition congénitale au spleen — ces fatras du cœur, l’amphigouri, ramassis monstre où les émois bouillent, où se pétrit l’affre avec des baumes qui précisément poignent car c’en sont (une écorchure ailleurs languit de s’oindre), ce qui navre au bain de ce qui hausse, la vie est impensable, enfin la déchirante petite alène dont il faut au matin qu’elle vous essore assez l’âme et l’acère pour que la carcasse à son tour veuille se mettre debout, à l’aurore sans désemparer, au point du jour le bouvier, le bouvier modique allant à l’aube et piquant sans désemparer la masse pote, le poids lambin des grandes bêtes que l’on est sur ce marché au vif.

15.10.09

— l’an, donc : d’avant ; quoi qu’il en soit c’est l’automne et je me rends à l’institut néerlandais où sont exaltation, xteriors et gaze, de desiree dolron. il se peut que dans l’autobus et passant la seine je songe aux putti chus, leur jonchée, mais de même aux vifs et ceux-là, car alors j’en brigue une autre : autres. inapaisables ceux-là, dardés, bouffis d’aheurtement comme peuvent en manifester les essaims, ceux-là de petits pointeaux vilains que je n’échange pour rien au monde — je suis à leur image gavée d’aveuglement. il y a dans les grands portraits insondables de desiree dolron, ses grandes lisseuses et dans le sfumato, ceci : sur les placards où s’opère la barbotine des faces : du heurt — les malaxages aussi bien que la main inapte à s’y livrer (des poulies plein les cintres avec l’élévation — le deus pour de bon —, la fabrique de summum, ce summum tout armé mais combien agissant) et c’est pourquoi, depuis les cases bistres crevées de saxes quoique irrigués me parvient, du moins je crois, enduit de pouls et de faïence, le désir conjointement avec sa rebuffade : ce que je n’atteins pas, tout ce que je n’atteins plus, ce que j’ignore ne pas pouvoir atteindre. ce jour j’achète le mausolée des amants dans quoi je lis je peux me dire que T. m’est l’être « le plus cher au monde » : il n’est pas là, et pourtant je continue à vivre, son absence n’est pas insupportable, il pourrait ne pas exister, je serais toujours vivant et je méconnais alors laquelle est T. pour moi.

10.10.09

c’est je crois bien l’automne de deux mil sept — on est en vrai l’an d’avant : comment les choses, déjà, vont-elles si mal s’engrenant, combien longtemps je me démanche, à mon cœur ce poids d’organe et de lui la masse bouchère, cet à-plat d’étal, sa hideur, le mépris dans lequel je tiens son pouls mol — faut-il qu’enfin ces mois soient des ans de peu, dois-je les résoudre avec le recul en deux ou trois pressements des chairs, en la tripette, le reginglet — quoique de ces pressements, pour peu nombreux qu’ils fussent, pour pâlis, et puis pour croches, on sache encore, à l’époque, susciter l’efficace, ce rogaton de magie dont aux débuts qui sont des gloires on éprouve l’art, quand l’œil dans l’œil et faisant aller nos doigts nous disons tu me manques, et qu’à le dire ainsi dans la tenue, mais avec l’écorchure, nous faisons ouvrir des ciels, mon corps non plus dans l’espèce d’aphasie d’à présent mais couronné, et l’air autour de nous tout saturé de putti

01.09.09

enfant je ne crains ni les arbres, où je grimpe, les orties dans quoi parfois je chois ni de voir se bistourner au feu les fanes odoriférantes des pommes de terre. c’est un temps d’entailles. j’aime le capitule bleu, la couronne que sur la gazinière ma mère oblige à radier. je redoute en revanche la brûlure, de sorte qu’un midi d’été, proche la mer où je joue avec ce petit garçon dont je guigne les sœurs car elles sont noiraudes et m’attirent comme des bohémiennes, l’une un peu grasse quand l’autre cep : france thérèse, luce armelle — leurs prénoms luisent — ils me font des béances (tôt songeant aux filles je bée ténébreusement) — chez eux l’on chie ses tartines par une planche percée qui m’épouvante à l’égal des constrictions que j’inspire à leur père et qui me broient —, je précipite un bif à terre, qu’on m’a chargée de tourner sur son grill. mon oncle tonne, ma tante accourue passe prestement sous le jet le muscle bon, hampe ou l’onglet, je ne pleure pas — alors je pleure peu — je désire de mourir. je garde impollué le souvenir du bif, du bout vineux contre les grandes tomettes, ses éclats sur le ponceau et depuis lui le reste vient, bassine ou de l’alu beaucoup, le cendrier du mont-dore, deux chambres, mon lit au soir gravi d’où le matin j’entends, le reste vient, invariables, des cloches follement puis les canes à chaque aube ahuries par tout ce bronze en quantité brimbalant l’air bleu, le casuel à l’inverse, luce armelle et france thérèse, le reste vient, l’huileuse un peu ou la sécote, leur frère qui est joli mais ne me hoche pas, qui se violace dans l’eau de mer. le reste vient. je viens. dans les années qui sont un lieu je viens. je ne fais que venir.

05.08.09

la difficulté est que je suis à la fois le navire et le pilote.

04.08.09

la nuit colle.
tous les matins ma nuit glue.

03.08.09

le jour non tendu vers, mais dévolu à son soir où l’on sait rencontrer l’ami cher.
je rentre à l’aube en effet — avec du lest, avec de l’air.
dans mon tréfonds des périples.
s’enjoindre cependant des heures en sas afin de les aimer toutes (disons tâcher), de les perdre moins nombreuses et puis écrire pour qu’elles fassent semblant d’exister.

31.07.09

l’amie chère que coup sur coup j’apprends un temps beyrouthine et le cœur épris de frais.
la pointe au mien m’étonne.
le regret de n’être pas ensemble par-dessus des jacarandas et des palmes.
mais quoi ?
certain déplaisir du célibat auquel je crois pourtant m’adonner avec satisfaction ?

30.07.09

ce qui me reste de p* ou ce qui me taraude.
ce départ à tenter.
bois de vincennes où nous manquions peu d’occasions de nous rendre.
en solo désormais ces concerts qui me haussent autant qu’ils poignent, et les lotus autour, les petits enfants et les jets.
impossible départ à tenter.
allant en remâchant mon désormais.

29.07.09

— are you a boy or a girl?
— yes.

28.07.09

ce qui saille de muscle à ses épaules — l’action menuisière. je sens vamper en moi sa brachyologie de garçon et me bouter deux seins.
le soir verdit (marronnier monstre).
s’abstraire : ma pente.

27.07.09

les cahiers sont là-bas, ici les carnets.
on dit ça.
zou.