19.04.11

« revenir à moi, à ce journal. être de plus en plus seul. »

par la porte ouverte d’une buvette au reste acrimonieuse, inhospitalière de la rue l* (quand des hommes y sont ces hommes sortent et abondamment – plastronnant, paonnant ; ravalants – crachent) : l’exhalaison conjuguée d’un air d’oud et du fleur des sols frais lavés.

d’autres jours à quelques pas le fleur fromager, le pain (dont un matin s* avec émotion dit qu’il sent comme au bled).
les émanations de la blanchisserie.

« monsieur songe dit je perds progressivement l’ouïe, la vue et la mémoire. qu’est-ce qu’il me restera pour mourir ? l’odorat ? quelle horreur. »

je me ruine en livres et en médicaments.
à côté de vivre.

« (je n’aurai pas lu proust ; je n’aurai pas couché avec une femme ; et après ?) »
(j’aurai lu proust ; j’aurai couché avec des femmes ; et après ?)

susciter de l’oud au târ des mélancolies brèves, vives et brèves, aigües, bonasses, avec le souvenir du poulet aux prunes de marjane satrapi.

les premiers chauds m’épuisent l’humeur.

« nous partîmes à la recherche d’un endroit où nous pourrions nous embrasser. »
trois fois, quatre peut-être en tout je donne ou reçois un baiser dans un lieu public, sans jamais départager si cette rareté tient à l’appréhension que mon désir s’apâlisse en s’exhibant, ou bien au sexe de mes partenaires.

« le télescope sur les comètes »

tenir à l’homosexualité comme à son bien le plus précieux.
passer tel un souffle et dans l’inaperçu mais :
pas papa dans maman.

plein la brique du lierre, et saturé d’étourneaux (rue d*).

2 commentaires:

brigetoun a dit…

tout doux, tout doux nos faibles solitudes

Frédéric a dit…

monsieur songe et ma dan rêve.
des rêves lucides comme le front du scorpion.